jeudi 4 juin 2009

Stoppée dans mon élan

Ce matin, 6h00, je me réveille tout doucement et après avoir caressé les chiennes je me prépare pour aller au marché aux poissons, histoire de vous prendre les photos du siècle.
Je cherche mon appareil photo... O drame, O rage, O desespoir. Il n'est plus dans mon sac. On me l'a volé hier après-midi.
Que vais je faire? Ouvrir une souscription nationale d'aide aux "PESE" (pauvres écrivains spoliés à l'étranger)? Ou demander des fonds telles les ONG bien pensantes qui envoient leurs membres dirigeants pour dépenser sur place les aides qu'ils auraient pu envoyer?
Je vais réfléchir aux solutions auxquelles ce coup du sort m'a acculée.
Essayer de survivre sans mon troisième oeil...
Ou tout simplement me rappeler ce que mes amis natifs américains m'ont dit, eux qui refusent tout appareil photo sur leurs réserves : "Tes souvenirs tu les gardes dans ton coeur..."

mercredi 3 juin 2009

Trip à Villianur (2)

Non, vous ne révez pas! Je suis tout en blanc pour rentrer dans mon premier temple - du moins le premier de ce troisème séjour en Inde. A l’opposé de nos constructions occidentales de cathédrales ou de mosquées qui enclosent un espace libre, ici le temple suggère de toute sa hauteur la forme de la montagne sur laquelle séjournent les dieux. Les différentes images sculptées sur les parois représentent les êtres multiples, séjournant sur ce mont sacré. C’est un résumé de l’univers d’où cette variété de flore, de faune et d’êtres fantasmagoriques de toutes les couleurs, mêlés aux humains et aux dieux.


A chaque fois que je visite un temple (et plus particulièrement en Inde du sud) j'ai une impression de bruit et d'agitation, mais pas de recueillement ni de chuchotement comme dans une église. Les gens s'installent dans tous les coins, assis tranquillement au sol, ou vaquant à leurs occupations. Ils parlent, mangent et laissent leurs enfants courir un peu partout. Mais cela c'est "à l'extérieur", pas dans le sanctuaire.


Ne comptez surtout pas sur moi pour vous faire un cours sur les divinités indiennes car il y a presqu'autant de dieux, du moins de leurs avatars, que de villages en Inde... Je ne sais si j'arriverai à m'y retrouver un jour. Regardez la photo prise dans UN des coins du temple: je n'ai même pas pu compter le nombre de statues représentant toutes des dieux différents. Alors pour le moment je vais juste essayer vous décrire ce que je ressens lorsque je pénètre dans ces lieux plein d'énergie de prières.





L’obscurité qui règne dans le sactuaire où réside l’emblème divin, l’épaisseur des murs qui l’entourent et l'absence du moindre courant d'air contribuent à isoler le « principe éternel » du reste du monde et à le protéger des influences maléfiques du monde extérieur. Il y fait chaud et moite. L'air est tellement épais que pendant que je marche je dois faire attention à inspirer profondément, comme si le fluide qui pénètre dans mes poumons avait sa propre vie et tendait à ne pas pénétrer mon corps. Le temple est à la fois la demeure et le corps de la divinité. On est loin des cathédrales qui ne sont que des lieux où se rassemblent les fidèles ! Seul le prêtre pénètre dans le sanctuaire pour y accomplir la "puja" ce qui explique l’accumulation de sculptures sur les soubassements, destinés à impressionner fortement les fidèles qui attendent son retour. Les êtres bizarres, les humains et les animaux qui sont sculptés sur les murs sont probablement des représentations des anciens sacrifices pratiqués sur l’autel védique.


Les pûjâ quotidiennes sont menées plusieurs fois par jour dans les temples en l'honneur des divinités. Elles comportent en particulier l'âratî, offrande du feu à la divinité, accompagnée de mantra. Le rituel complet de la pûjâ comprend normalement dix-sept étapes. Théoriquement. Je rigole. Vous allez voir pourquoi.

Quelqu'un dans une salle frappe un gong. Cela annonce le début d'une pûjâ. Je me glisse parmi les membres d'une famille dont les femmes portent des thalis, plateaux de fer sur lesquels sont posées des offrandes. Ce sont en gros toujours les mêmes: noix de coco, eau, encens, fruits... Devant l'entrée du temple des petites échopes vendent des plateaux à pûjà dont les prix varient de 20 à 500 roupies. Sûr que si j'offre au prêtre un plateau à 500 roupies, j'aurais une darshan (vision) de l'image divine (mûrti) plus intense que pour 20 roupies!

Nous rentrons dans un couloir en file indienne (no comment) le long de vieilles barrières de métal. L'air s'épaissit. Nous arrivons devant la porte du sactuaire où un prêtre brahmane, en longui, prend les plateaux, allume les lampes à huile et porte le tout à l'intérieur de la petite salle du sanctuaire. La pûjâ est supposée être une longue suite de présentations de la flamme des lampes devant la divinité, de mantra psalmodiés sur un rythme rapide, d'aspersions d'eau, d'eau de coco, de lait sur la forme divine, le tout accompagné de cloches, gongs ou autres instruments dont il semble que le but soit de faire le plus de bruit possible, pour éveiller la divinité et s'assurer de son regard bienveillant sur les gens rassemblés. Mais celui que je vois faire, doit être doué de pouvoirs surnaturels car - je vous rappelle que le rituel complet de la pûjâ comprend normalement dix-sept étapes - il se contente de faire un petit tour de moins d'une minute autour de la divinité et revient tout guilleret avec les plateaux. Ce qui me sidère c'est une fois de plus l'incohérence entre ce qui est enseigné et la réalité de ce qui est pratiqué par les "hommes de Dieu". L'hindouisme de nos jours est avant tout une religion du rite. La stricte et précise application du rite est absolument requise : elle seule est garante de l' "efficacité" de la pratique religieuse. C'est pourquoi la réalisation du rite est confiée aux spécialistes que sont ces brahmanes, dûment formés pendant de nombreuses années. La non-observation du rite ou son exécution erronée sont, par conséquent, théoriquement considérés comme susceptibles d'entraîner de grands désordres dans l'ordre du monde. Alors avec mon analyse rationnelle occidentale de ce concept, je conclus qu'il s'agit d'une imposture des brahmanes pour conforter leur suprématie sur les autres couches de la société; mais en réalité qui suis je pour juger ? La famille est heureuse. Chacun donne de l'argent lorsque le prêtre leur met de la poudre blanche et rouge et sur le front. Un des brahmanes me fait signe d'avancer alors je sors moi aussi ma petite pièce et j'ai droit à mon barbouillage. En plus il pose dans la paume de ma main un bout de papier journal plié en accordéon et des petits bonbons en sucre blanc. J'ai l'air de ne pas prendre tout cela très au sérieux mais c'est faux. Là encore je suis partagée entre l'énergie immense contenue dans ces lieux de prières et ce qu'en font les prêtres, un business. Des larmes coulent de mes yeux sans que je sache très bien pourquoi, et je serre très fort le bout de papier journal que je me promets de garder avec moi. Comme un griri africain ou une image sainte.

Je ruisselle de sueur et j'étouffe. Il faut que je sorte. Lorsque je me retrouve à l'air libre, je suis un peu perdue et j'ai besoin de reprendre mes esprits. Je repère un petit coin tranquille et je vais m'y charger de l'énergie naturelle du lieu. Sans le "buffer" (mémoire tampon) brahmanique. Et là, en touchant de mon front la pierre usée par tant de mains confiantes, je reviens à la réalité.

En levant les yeux je vois un gana, personnage bouffi matérialisant la force aérienne de la respiration qui semble soutenir et emporter dans son souffle la partie supérieure de la façade du temple. Il me fait un clin d'oeil. Je lui souris. Et je repars me promener dans ce labyrinthe.


Dans la chaleur de cette fin d'après-midi, je me dirige vers un petit jardin, situé dans l'enceinte du temple. Quelques bancs en pierre abritent des couples de jeunes indiens, venus là pour se découvrir, se parler, se frôler... Je profite de l'ombre d'un immense banian pour m'asseoir et penser aux évènements qui m'ont conduite dans ce lieu étrange. Je suis au pied de "l'arbre à mariage", et chacun des fils qui entoure son tronc a été mis par une femme (et pourquoi pas un homme) qui rêvait de rencontrer l'amour. L'air est doux sous les frondaisons. Je n'ai plus qu'envie de douceur et je pense à vous mes amis que j'ai laissés si loin... Je suis bien. Mais l'heure avance et il est hors de question que je rentre de nuit. Il faut que je reparte.



Devant mon scooter, je prends cette photo de moi, avec sur mon front, les traces de mon passage dans "l'au-delà". Je me fais rire toute seule. Les passants me regardent faire sans comprendre. Allez, en selle et à demain. Je pense qu'après cette tranche d'érudition, je vais vous emmener au marché aux poissons... Cré vingt dieux!







lundi 1 juin 2009

TRIP A VILLIANUR

Ce matin, pas de piscine ni de mer. Mais un petit voyage dans le temps, au temple de Sri Gokilambal Thirukameswarer à Villianur.
Je vous passerai les détails du voyage en scooter jusqu'à ce temple, distant d'une dizaine de kilomètre de Puducherry, car les conditions dans lesquelles je conduis le scooter méritent un post à elles seules. Sachez juste que sur mon chemin j'ai eu droit à tout. Les buffles, les chèvres, les chiens, les poules, les vaches, les enfants, les vélos, les bus...

Lorsque j'arrive devant le temple, le long des "trottoirs" de la rue principale, je découvre des chars énormes, haut de 15 mètres. Des ouvriers sont en train de les remettre en état car ils viennent de participer au défilé du Brahmot-savam, le festival annuel de Villianur qui se tient lors de la pleine lune du mois de Mai. Pas de chance, je l’ai raté. Quoique, assister aux dérèglements que provoque la ferveur quasi illuminée des hystériques participant aux cérémonies ne me tente guère. Jugez-en plutôt. Des milliers de participants se pressent dans les rues de cette minuscule cité pour assister au défilé des chars, rituel antique dédié à la déité célèbre (!) appelée Thirukamemswara Kukilambal (à vos souhaits).
La statue de ce Dieu est déposée sur un des chars qui sera ensuite tiré par des hommes tout au long des rues. Cela donne des scènes assez ubuesques car beaucoup d’entre eux se battent pour pouvoir tirer sur la corde, croyant dur comme fer que leurs souhaits seront accomplis s'ils y parviennent. Vous me direz que c’est assez comparable avec acheter un billet de loto. Ce qui est moins drôle, c’est que certains essayent de se jeter sous les roues des chars pour être écrasés par ceux-ci car alors, selon la tradition, ce sera toute la famille qui sera bénie. Et l’on voit des batailles entre le «martyr» et sa famille, celui-ci voulant se jeter sous les roues, celle-là voulant le retenir. Le loto finalement c'est comme les martyrs: tous les gagnants ont tenté leur chance!

Ce qu'il y avait d'original dans ce temple c'est qu'il y avait des tas d'animaux vivant dans son enceinte. Des paons, des cygnes, des daims... Malheureusement aujourd'hui, il ne reste que des oies, des jars et de nombreuses vaches. Elles ont une étable à elles, dans l'enceinte du temple, et un petit veau trop mignon. Lorsque des gardes s'approchent pour me dire que je ne peux rester à cause de la présence de Bonnie, je leur montre les autres animaux en leur disant : "My dog is a God's creature! Like these ones"! Et ils nous laissent alors déambuler toutes les deux tranquillement.



Pas si tranquillement que ça d'ailleurs car un des jars veut à tout prix faire la connaissance de Bonnie et me suit en sifflant jusqu'à ce que je rentre dans le périmètre du bassin sacré.




Là, tout n’est que calme et fraîcheur. Toute relative d'ailleurs car la température est étouffante en dehors des murs du temple.






Des enfants se baignent dans le bassin et plongent en faisant des cabrioles depuis le petit temple situé au milieu de l’eau.




Tout autour, sur les marches menant au bassin, des indiens contemplent les sâdhu procéder à leurs libations dans l’eau sacrée.
Un petit cours sur ce qu’est un sâdhu ? Si ça ne vous intéresse pas, ce que je peux parfaitement comprendre, rendez-vous à demain !
Les hindouistes considèrent que le but ultime de toute vie est la libération de l'illusion, l'arrêt du cycle des renaissances et la dissolution dans la fusion avec le divin. Et devinez quoi ? Cet objectif est rarement atteint au cours de la vie présente.
Le sâdhu, « homme de bien, saint homme », choisit de vivre une vie de sainteté pour accélérer ce processus, On considère généralement qu'ils forment 0,5 % de la population indienne, soit quand même quatre à cinq millions de personnes. Les sâdhu sont des « renonçants », ils coupent tout lien avec leur famille, ne possèdent rien ou peu de choses, s'habillant tout simplement d'un longhi, tunique de couleur blanche pour les vishnouites (photo ci-contre) ou jaune safran pour les shivaïtes, symbolisant la sainteté (photo en dessous). Ils n'ont pas de toit et passent leur vie à se déplacer sur les routes de l'Inde se nourrissant grâce aux dons des dévots.
Dans leur recherche d'absolu, les sâdhu pratiquent des tapas, récitations de mantras rituels magiques, contrôle du souffle, yoga unifiant le corps et l'âme, vœu de silence, méditation ou mortifications… La pratique des tapas est censée augmenter leur énergie spirituelle leur permettant d'atteindre un statut de presque-dieux. Pour couronner le tout, l'énergie sexuelle étant une source majeure de cette énergie spirituelle, l'abstinence permet donc de l'augmenter. Une question me titille l’esprit : l’Inde est connue pour être un pays d’une grande spiritualité, donc beaucoup devraient pratiquer l’abstinence. Alors ces faux-culs, ils font comment pour être plus de 1 148 000 000 habitants ?
Un grand nombre de sâdhu consomment rituellement du haschich, comme Shiva, Judicaëlle et Sébastien font, pour déchirer le voile de la maya. Et comme aux USA, la consommation est tolérée par l'État indien qui cependant prohibe cet usage dans sa loi.
Les sâdhu shivaïtes frottent leur corps avec des cendres, symboles de mort et de renaissance. À l'image de Shiva, ils portent leurs cheveux extrêmement longs.
Il leur arrive de s'affronter pour des problèmes de préséance, chacun prétendant à entrer les premiers dans l'eau sainte et la croyance veut qu’ils obtiennent certains pouvoirs comme la lévitation, l’invisibilité, la capacité de grandir, de vivre sans manger et de marcher sur l’eau. A Villaniur, ceux que je vois se lavent très prosaïquement dans une eau boueuse. Dommage…
Après m'être un peu reposée sur les marches du bassin, je continue à déambuler dans le labyrinthe des bâtiments.
Soudain, je suis devant l'entrée du sactuaire. Je dois laisser Bonnie dehors pour rentrer dans mon premier temple indien, noir de sainteté.
Et là, croyez moi, c’est une autre histoire…

samedi 30 mai 2009

Le petit déjeuner


Ca c'est pour en remettre une deuxième couche car je me suis rendue compte que vous ne voyiez pas beaucoup de ladite piscine dans mon dernier message.

Comme Pondichery est sur la côte, je n'ai que l'embarras du choix pour la plage. Non seulement par rapport à leurs emplacements mais également par rapport à ce que je veux y trouver lorsque je vais me baigner. Je vous ferai une petite visite guidée et surtout une classification des plages par nombre de corneilles, de chèvres et de cacas au m².


Lorsque je rentre à la maison après un bain fortifiant et mouvementée, car la mer est toujours très agitée, je meurs de faim et là, sur la terrasse, je m'installe devant mon petit déjeuner indien que m'a préparé Simone. Madame Simone. Momone comme je la surnomme affectueusement. C'est la perle des perles. C'est elle qui s'occupe à temps plein de la maison. Elle est ravie car elle gagne un bon salaire. Je suis ravie car elle ne sait quoi faire pour nous gâter. Une information à savoir: un "bon salaire" ici c'est 4 000 roupies par mois. Pour 8 heures de travail par jour, six jours par semaine, sans vacances. Sachant que pour 100 Euros vous avez 6 600 roupies, je vous laisse faire le calcul. Et Madame Simone, elle adore faire la cuisine et elle adore me voir manger. Sur la photo vous pouvez voir ce qu'elle appelle un "petit" déjeuner: iddlis, dosas, tomato chutney et coconut chutney qu'elle fait en rapant elle-même la noix de coco. Je bois un jus de citron vert avec cela et ensuite je me traîne jusqu'à mon fauteuil où, pour la seconde fois de la matinée, je m'écroule afin de pouvoir digérer. Sur la table basse, Madame Simone a déposé, pendant que j'avalais ses idlis, une cafetière de café frais avec du lait concentré. Et elle est heureuse Madame Simone. Heureuse car je dévore tout ce qu'elle me fait. Elle me frotte l'estomac pour vérifier qu'il est bien rempli et elle rit de plasir en constatant qu'il fait une bosse par dessus mon short!
Puis elle redescend pour s'occuper de la maison, me laissant siroter un délicieux café et fumer ma petite clope. Le paradis est sur la terre. Je l'apprécie tous les matins. Merci les petits hommes verts!

vendredi 29 mai 2009

La nécessité du choix


Après avoir bu mon café sur la terrasse vers 6h30 du matin, seul moment où être en plein air est encore possible, j’ai alors deux options : la plage ou la piscine de la maison d'une amie… histoire de me mettre en forme en vue d’une journée qui va être encore bien éprouvante pour les nerfs.
Gide disait : " l'homme est incapable de choix et il agit toujours en cédant à la tentation la plus forte". Je peux vous assurer que pour moi, simple femme, ces deux tentations matinales provoquent une tempête dans mon pauvre cerveau encore embrumé par une longue nuit de sommeil qu'aucune onde alpha ni même beta ne vient jamais troubler.



Je vous sens moqueurs et peu enclins à me plaindre. C’est bien méconnaître les soucis qui envahissent votre vie lorsque vous quittez Paris. Vous en voulez la preuve ?


Regardez ces deux photos et dites moi ce que vous feriez à ma place. N’auriez vous pas un semblant d’hésitation, un quelconque embarras, un nuage d’incertitude et d’indécision, une certaine irrésolution voire une perplexité certaine, bref en un mot, et puisqu’il s’agit d’eau, un léger flottement ?
Je pense que vous commencez à comprendre que tout n'est pas rose pour moi qui ait décidé de quitter quelque temps la France pour - enfin - me remettre à écrire. Et si vous ne me plaignez pas encore, je vais vous le dire moi, ce que je pense vraiment: tous ces tourments je vous les dois à vous mes amis. (si après cette phrase je n'ai aucun commentaire, je comprendrai peut-être enfin que je n'ai... aucun lecteur!)

jeudi 28 mai 2009

Visitez la maison


Pendant que je me relaxe en buvant mon premier café - non ce n’est pas le petit déjeuner, vous verrez, celui-ci viendra plus tard – descendez l’escalier de la terrasse, ou franchissez la grille que vous voyez en bas à droite de la façade, et vous arriverez dans le living/salle a manger, immense et très sombre. Je pensais que le fait qu’il ne reçoive pas de lumière du jour le garderait frais, grossière erreur : c’est un four à chaleur tournante grâce aux pales des ventilateurs ! J’avoue ne pas y mettre souvent les pieds.
Lorsque je suis à la maison, je suis soit sur la terrasse, soit dans ma chambre. Il faut dire que j’adore ma chambre. Pour deux raisons : d’abord l’air conditionné que j’y ai fait mettre et puis je l’ai meublée avec un bonheur inversement proportionnel aux prix des meubles que j’ai achetés.



Le meuble le plus cher est mon lit : un sommier en coco fait sur mesure avec un matelas en mousse recouvert d’un coton écru. Une petite merveille. Ma table de nuit est un berceau indien ancien.



Et mon fauteuil du Rajasthan, il est pas kitch ?





Mais celui pour lequel j’ai une grosse faiblesse, c’est mon meuble à casiers. Dommage, je ne me vois pas le ramener à Paris. Quoique… A part le lit, j’ai tout trouvé chez un brocanteur, en soulevant des montagnes de planches et de vieux meubles cassés, le tout par plus de 40° car son dépôt était en plein soleil. Ensuite une bonne journée pour tout brosser et passer le bois à la javel et j’avais mes meubles.











Un lit, un sommier, un bureau, un fauteuil confort pour travailler, deux chaises, une table de chevet, un fauteuil Rajasthan, un meuble pour mes papiers, celui à casiers… total : moins de 200 euros, livraison comprise. Elle est pas belle la vie ? Ikea peut aller se rhabiller !

mercredi 27 mai 2009

Ma rue






La rue Marius Xavier est une rue très large pour l’Inde, avec des caniveaux et des trottoirs à peu près praticables. On se croirait dans la « ville blanche », celle des expats et des administrations françaises, alors qu’en réalité j’habite de l’autre côté du canal, dans la « ville noire », celle des indiens.
Avant ma maison, il y a une maison abandonnée et juste après, des ruines avec un parc en friche entouré de hauts murs. Je bénéficie donc de la fraîcheur des manguiers et des banians, tout en n'ayant à m’occuper de rien. Je regarde parfois avec envie les grappes de mangues qui pendent un peu trop loin de la terrasse pour que je puisse les attraper.
Comme vous pouvez le voir...
"C'est une maison bleue... la la la la la la la..."